REGNIDÖRHCS ED TAHC

Mimi s’éveilla dans une salle d’un blanc… trop blanc. Il y avait peu à décrire. On pouvait comparer cette salle à une boîte. Mimi, du haut de ses 14 ans, devait mesurer  à peine un mètre vingt. La salle cubique devait faire à peu près trois mètres de haut, de long, et de large… un cube! Le sol, les murs et le plafond blancs semblaient être faits de caoutchouc sur lequel n’importe quel mouvement faisait un bruit couinant plus qu’agaçant. Des ampoules de lumineuses à nue éclairaient la salle d’une lueur sèche. Aucun meuble, la seule déformation était un trou rectangulaire  au niveau du sol, bouché solidement par une grille métallique épaisse. Elle commença à paniquer, désemparée par la situation inhabituelle. Comme il faut faire les choses par étape dans ce genre de situation, elle commença par confirmer son intégrité physique. Elle réalisa très rapidement qu’elle n’était ni blessée, ni dans une condition inhabituelle. Elle remarqua encore plus vite qu’elle était nue. Gênée, elle se contorsionna, mais ne trouva pas trace de caméras, ou d’autres moyens de l’épier.

Calmée, elle fit rapidement le tour de la pièce, essayant de découvrir un aspect de celle-ci qu’elle n’aurait pas remarqué auparavant. Sa recherche s’avérant infructueuse, elle s’approcha de ce qui semblait être une petite bouche d’aération. D’à peine une vingtaine de centimètres de haut et de large, on voyait le fond. Un cellulaire semblant dater de deux siècles reposait en équilibre sur un dispositif cubique disposant d’un cadran qui faisait le décompte d’un avenir incertain. Deux minutes au compteur. « Il y a quelqu’un? » demanda Mimi, craintive du résultat qu’un son quelconque aurait sur cette pièce. « Bonjour, Mimi. Ceci est un message automatisé et ne sera pas répété. Vous allez aujourd’hui prendre part à l’expérience 304-b, dans laquelle vous jouerez un rôle clef. Il vous sera impossible de  sortir avant la fin de l’expérimentation, les prises de notes et formules précédentes prises en compte dans les résultats comptabilisés marquant la fin de ladite expérimentation. Il vous sera alors possible, si cela ne contrevient pas aux conditions déjà établies par le conseil de sécurité, de sortir de cette salle pour être transférée par notre personnel jusqu’au salon, où vous serez interrogée par nos spécialistes sur votre expérience, autant au niveau physique que psychologique. »

Mimi soupira, toujours craintive, mais envahie d’un sentiment de soulagement, libérée du sentiment de danger imminent. Elle allait simplement participer à une expérience scientifique dont elle ne comprendrait probablement que les mots « Vous pouvez partir. » En quoi consistait cette si sérieuse expérience? Mimi n’en avait que faire à ce moment. L’adrénaline venait d’être réprimée d’un seul coup par les paroles rassurantes de la voix électronique. Dans son état euphorique, elle ne remarqua jamais le compteur atteindre zéro. Ce n’est qu’après plusieurs longues secondes qu’un doute commença à poindre dans son esprit. Un léger toussotement. L’impression d’essoufflement, comme si elle venait de courir un marathon, et la sensation de chaleur dans son ventre lui indiquèrent que quelque chose dérapait. Le sifflement sourd provenait de la grille, signe de l’échappement d’un gaz…

Lewis était dégoûté. Lewis était amusé. Lewis ne savait plus quoi penser. Scientifique honorable, théoricien d’expérience et père de famille, il ne savait pas quoi penser de la scène qui se déroulait sur son écran. Dans la salle d’expérimentation où toutes les découvertes futures devaient être mises au monde, la dénommée Mimi gisait sur le sol caoutchouteux de son tombeau temporaire, baignant dans un mélange peu ragoutant d’excréments et d’urine, libéré lors du relâchement de son système nerveux, peu après sa mort clinique. La journée était chargée, et les recherches continuerait malgré le drame qui venait de se dérouler sous ses yeux. À l’interphone, on pouvait imperceptiblement entendre les respirations lentes et excitées du directeur qui, se délectant du spectacle, avait oublié d’appuyer sur l’interrupteur de fermeture du système de diffusion audio lui servant à donner ses décomptes malsains, qui menaient irrémédiablement à la condamnation d’un ou d’une innocente. Eh oui, c’est le quotidien du Centre de Recherche sur les Phénomènes Extra-Réalitaires, CRPER, ou, comme l’appellent les employés, CREEPER.

Sujet de recherche du jour: CHAT DE SCHRÖDINGER/REGNIDÖRHCS ED TAHC.

Publicités


Catégories :Création, Divertissement

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :