Hergé: l’art de Tintin

Une chose est sûre, c’est que Tintin a bercé l’enfance de plusieurs d’entre nous. Il a éveillé notre soif d’aventure et nous a inspiré à faire le tour du monde. Cependant, nous oublions que derrière cette véritable oeuvre d’art se cache le travail colossal d’un homme qui n’est pas aussi célèbre que son héros: Hergé. Son talent de dessinateur et de scénariste a créé une oeuvre sans précédent et dont je vous invite à démystifier une petite partie. Entrons dans l’atelier d’Hergé pour comprendre Tintin…

tintin 1.jpeg

Le premier album de Tintin (Tintin au pays des soviets) parut en feuilleton dans un supplément illustré d’un journal catholique: Le petit vingtième. Une page par semaine était publiée. À la fin de l’aventure où Tintin revient en Belgique, le journal organise un coup de publicité incroyable: simuler un retour de l’union soviétique. Sceptique, Hergé part donc avec un petit garçon habillé comme dans l’album ( col fermé et bottes rouges ) et lorsqu’il arrive à la gare du Nord, l’endroit est bondé. C’est la naissance d’une légende!

tintin 2.jpeg

Les aventures de Tintin se succèdent avec les années, mais ne vous y trompez pas: le style d’Hergé, à l’époque, est bien loin du style que les aventures de Tintin ont aujourd’hui. Pour lui, ces aventures sont comme une farce, une petite chose innocente jusqu’au Lotus Bleu dont l’histoire se passe pendant la guerre sino-japonaise. En 1934, on lui présente un jeune étudiant chinois, Tchang-Tchong Gen, pour l’aider à préparer son album. Il fera découvrir à Hergé l’Asie et sa philosophie, mais aussi l’écriture chinoise et son art. C’est à partir de ce moment que Tintin passe de la petite bande dessinée de journal à un oeuvre complexe avec ses subtilités. Le style d’Hergé s’installe…

tintin 3.jpeg

À partir de ce moment, Hergé prend conscience que la documentation est une part importante du réalisme de son oeuvre. Dorénavant, il n’écrira plus rien sans se documenter. Son style graphique se complexifie au point de créer un nouveau style qui révolutionne le neuvième art: C’est la naissance de la ligne claire.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les aventures de Tintin connaissent un frein. Le journal où travaillait Hergé disparaît sous l’Occupation. Hergé propose donc ses services au quotidien Le soir qui publie quatre cases par semaine des nouvelles aventures de Tintin. C’est sous l’Occupation qu’Hergé écrivit Le sceptre d’Ottokar où il est question de complot contre le roi de Syldavie, royaume créé de toutes pièces par le dessinateur. Le complot est dirigé par un certain Mustler, un mélange entre Mussolini et Hitler, qui permet à Hergé d’exprimer sa résistance au régime nazi. Par exemple, lorsque Hitler prend le pouvoir en Allemagne, Hergé dessine un petit personnage qui est l’ancêtre du professeur Tournesol qui démontre son aversion pour le nouveau chancelier.

tintin 4.1.jpeg

tintin 4

Lorsque Hergé reprend ses dessins après la guerre, soit en 1946, une pénurie de papier a lieu dans les maisons d’édition. Au début, les albums de Tintin comptent plus de 140 pages, ce qui pose problème pour l’impression. L’éditeur Casterman a une idée: Hergé devra raccourcir la longueur des albums et l’éditeur les fera imprimer en couleurs. Hergé accepte et les albums de Tintin tels que nous les connaissons prennent forme. Le premier à paraître est L’étoile mystérieuse.

tintin 6.jpeg

Pour Hergé, le processus créatif change. Pour l’aider à concevoir les albums, le dessinateur crée les Studios Hergé. Il doit d’abord et avant tout se documenter et dessiner l’album qui comptera environ 700 dessins. Tout commence par le scénario, les brouillons et finalement, la planche tracée à l’encre de Chine. Ensuite, on retrace la case avec les contours seulement et on envoie la planche aux coloristes.

tintin 7.jpeg

C’est le travail des coloristes de colorier les dessins. Après avoir fait plusieurs essais avec différents médiums et techniques, les studios choisissent l’aquarelle jugée la meilleure pour la qualité de la couleur. Les dessins sont coloriés avec minutie et précision.

tin tin 8.jpeg

Ensuite, on appose le noir sur un plastique transparent par-dessus le dessin. La raison est fort simple. Les couleurs de l’aquarelle nécessitent de l’eau pour avoir une plus grande brillance. Donc si on avait apposé le noir qui est fait à l’encre de Chine, les risques de gâcher le dessin auraient été très grands. C’est pourquoi cette solution fut trouvée. Ensuite, on soumet l’album à l’éditeur qui le fait imprimer et l’album prend son aspect définitif.

tin tin 9.jpeg

L’œuvre d’Hergé est devenue universelle. Chaque dessinateur de bande dessinée ne peut que se référer à lui comme le père de la bande dessinée moderne. Tintin, quand à lui, n’a pas fini de nous fasciner et de nous faire rêver. Après avoir lu cet article, peut-être irez-vous feuilleter un album de Tintin et probablement que votre vision de cette oeuvre changera à tout jamais.

Publicités


Catégories :Culture, Divertissement, UNE MINUTE, UN HÉROS

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :